Découvrez comment l’accompagnement de l’ITHQ aide Banques alimentaires du Québec à faire de l’achat local un levier de solidarité.
Répondre à une demande d’aide alimentaire en constante augmentation tout en soutenant l’économie d’ici : voilà le défi que relève chaque jour le réseau de Banques alimentaires du Québec (BAQ). Pour y parvenir, l’organisme a entrepris un important virage en approvisionnement local avec l’appui de l’ITHQ et grâce à des fonds gouvernementaux québécois. Résultat : davantage de produits québécois dans les assiettes, des retombées positives pour les producteurs d’ici et une démarche désormais ancrée dans ses pratiques. Retour sur une collaboration qui démontre que chaque décision d’achat peut avoir un impact bien au-delà du panier d’épicerie.
Comment l’ITHQ aide Banques alimentaires du Québec à transformer l’approvisionnement local en levier de solidarité?
Derrière Banques alimentaires du Québec (BAQ), il y a tout un réseau de membres régionaux, communément appelés Moisson, qui répond chaque mois à plus de 3,1 millions de demandes d’aide alimentaire. Mais depuis quelques années, un changement s’opère : la façon de s’approvisionner évolue, et BAQ porte désormais une attention particulière à privilégier les fournisseurs québécois
L’équipe-conseil en approvisionnement local de l’ITHQ a contribué à ce changement en aidant l’organisme à structurer sa démarche, à repenser certaines habitudes d’achat et à identifier des solutions concrètes pour intégrer davantage de produits d’ici. »
Dans un contexte où la demande explose (en hausse de 61 % depuis 2019), l’enjeu est de taille : il ne s’agit plus seulement de nourrir, mais de le faire de façon durable, intelligente et ancrée dans l’économie québécoise.
Quel rôle joue l’ITHQ dans cette transformation?
L’intervention de l’ITHQ a permis de passer d’une intention à une réelle capacité d’agir. Très concrètement, notre équipe-conseil a travaillé avec BAQ pour élargir leur réseau de fournisseurs québécois, mais aussi pour revoir certaines décisions d’achat sous un angle différent.
Cela s’est traduit par des choix qui peuvent sembler simples, mais qui ont un véritable impact. Remplacer un produit importé par une alternative locale, intégrer de nouvelles catégories d’aliments ou encore améliorer la qualité nutritionnelle de certaines denrées destinées aux enfants : autant de gestes qui, mis ensemble, transforment l’offre alimentaire.
L’ITHQ a aussi apporté une rigueur dans la mesure. En accompagnant BAQ dans le calcul de la part d’achats locaux, l’organisme a permis d’établir la statistique suivante : en 2025-2026, 63 % de ses achats proviennent du Québec. Ce travail a même mené à l’obtention de la certification Aliments du Québec au menu, dont l’organisme est très fier et qui vient ancrer son engagement.
Au-delà des chiffres, cet accompagnement de l’ITHQ a surtout permis d’inscrire l’achat local comme une pratique structurante et non comme une initiative ponctuelle.
Pourquoi l’achat local est-il devenu si central pour BAQ?
À première vue, on pourrait croire que l’objectif est simplement de trouver les denrées les plus abordables afin d’aider le plus grand nombre. Et c’est vrai… en partie.
Mais la réalité est plus nuancée. Aujourd’hui, BAQ doit jongler avec plusieurs impératifs en même temps : répondre à une demande en forte croissance, garantir des aliments nutritifs et de qualité, et optimiser chaque dollar investi.
Dans ce contexte, l’achat local s’impose progressivement comme une solution cohérente. Il permet de stabiliser certains approvisionnements, de réduire la dépendance à des chaînes internationales parfois fragiles et de générer des retombées économiques directes ici, au Québec.
C’est aussi une façon de redonner du sens à l’acte d’achat. Lorsque BAQ choisit des produits québécois, l’organisme soutient non seulement les personnes qui reçoivent de l’aide alimentaire, mais aussi celles qui produisent et transforment ces aliments. »
Cette logique crée un cercle vertueux : nourrir les communautés tout en renforçant le tissu économique local.
Concrètement, à quoi ressemble ce virage sur le terrain?
Un exemple parlant est celui du sébaste. Introduit grâce à l’accompagnement de l’ITHQ, ce poisson pêché en Gaspésie s’est rapidement imposé comme une option pertinente.
Il répond à plusieurs enjeux à la fois : offrir une source de protéines intéressante, proposer une alternative au poisson importé et soutenir une filière locale. Le fait qu’il provienne d’un stock abondant contribue aussi à en faire un choix responsable.
Aujourd’hui, ce sont plus de 92 500 kg de sébaste qui ont été achetés, permettant de redistribuer près de 900 000 portions à travers le réseau. Derrière ces chiffres, il y a des assiettes mieux garnies, mais aussi une preuve tangible qu’un changement d’approche en approvisionnement peut avoir des retombées concrètes.
Cela dit, le défi reste bien réel. BAQ doit continuellement trouver l’équilibre entre sa volonté d’acheter local et la nécessité de maximiser les volumes. C’est un exercice délicat, surtout dans un contexte où chaque hausse de coût se répercute directement sur sa capacité à aider. Mais une chose est claire : avec l’appui de partenaires comme l’ITHQ, ce virage est non seulement possible, il devient un levier essentiel pour répondre aux besoins d’aujourd’hui… sans compromettre ceux de demain.