Apprenez à connaitre des membres de notre communauté à l’occasion du Mois de l’histoire des Noir(e)s 

Publié le 5 février 2026

À l’occasion du Mois de l’histoire des Noir(e)s, nous vous proposons d’apprendre à (mieux) connaître quelques membres afro-descendants de la communauté ITHQuoise à travers des entrevues. Restez à l’affût pour une deuxième série d’entrevues!  

Le Mois de l’histoire des Noir(e)s nous permet, chaque mois de février, de se commémorer l’histoire de la diaspora africaine, de souligner la contribution de ses membres, de s’éduquer, de réfléchir, de dialoguer, mais aussi de célébrer! 

Sherley Toussaint, agente de bureau au Service du registrariat et de l’organisation scolaire 

Sherley, peux-tu me parler de tes origines?

Mes parents sont nés en Haïti. Ils ont immigré vers les années 1960 aux États-Unis pour ensuite venir s’installer en 1972 au Québec. Je m’identifie en tant que Canadienne-Québécoise-Haïtienne J’ai été influencée par plusieurs cultures compte tenu de la diversité dans ma famille et mon environnement. 

Pour toi, qu’est-ce que ça signifie être Noire? Qu’est-ce que tu aimerais que les gens sachent sur ta culture? 

Tout d’abord, être Noir(e) est d’appartenir à une communauté d’ascendance africaine.  

Haïti est considéré comme un symbole de liberté et de résistance. Il a été la première république noire indépendante au monde, ce qui a marqué la fin de l’esclavage. Nous sommes un peuple qui est fier et courageux. Malgré toutes les épreuves qui peuvent s’abattre sur notre perle des Antilles, nous avons toujours le courage de continuer de vivre, d’avancer et briller. Similairement, je suis une personne qui ne lâche pas prise dans les moments où il y a plus de défis. Je garde le sourire peu importe les situations et je me concentre sur le côté positif des choses. 

Est-ce qu’il y a une personnalité marquante que tu aimerais nous faire connaitre, et pourquoi? 

Maya Angelou, née sous le nom de Maguerite Annie Johnson. C’est une romancière, poète, actrice, productrice, documentariste, professeur d’université et militante afro-américaine. Elle a été une figure active dans le mouvement de Martin Luther King, une grande amie de Malcom X. Toute sa vie, elle n’a pas cessé de défendre la place des noirs et des femmes dans la société américaine. Le succès de ses livres et les prix remportés en ont fait une voix incontournable dans l’histoire de la communauté noire.

As-tu un film, un livre ou un documentaire à nous recommander? 

Je vous recommande le documentaire franco-américain Je ne suis pas votre nègre, qui a été coproduit et réalisé par le cinéaste haïtien Raoul Peck. Il traite de la lutte des noirs américains pour les droits civiques à partir des textes de James Baldwin. Il a été nommé aux Oscars en 2017 au titre de meilleur documentaire. 

Est-ce qu’il y a autre chose que tu aimerais partager?  

La culture haïtienne influence profondément Montréal, enrichissant la métropole québécoise depuis des décennies, que ce soit par la nourriture, la musique ou la langue. Si vous voulez pratiquer quelques pas de danse ou pratiquer votre créole, n’hésitez pas à venir me voir! 

Les bonnes adresses de Sherley pour… 

  • Casser la croûte : le restaurant caribéen Kamúy (1485, rue Jeanne-Mance), où je vous recommande le poulet jerk signature. 
  • Faire les emplettes : le marché Méli-Mélo (640, rue Jarry Est), qui est connu pour son épicerie et sa section restauration. 
  • S’exposer à ta culture : le festival Haïti en Folie à Montréal, qui a lieu chaque été, et qui met en valeur la musique, la danse, la gastronomie et l’art haïtiens 
  • Faire la fête le samedi soir : le groupe Wyland offre des soirées dansantes dans une atmosphère antillaise.  

Mugisha David Rukundo, étudiant au baccalauréat en gestion du tourisme et de l’hôtellerie 

Peux-tu me parler de tes origines?  

Mes parents sont arrivés ici en 1999, après le génocide au Rwanda. Ils y ont grandi tous les deux (bien que mon père soit né au Burundi), et c’est pourquoi je m’identifie plus au côté rwandais. Je suis le premier de ma famille qui soit né ici. Je suis proche de ma culture, de mes origines : je comprends la langue, le kinyarwanda. J’essaie de l’apprendre davantage en écoutant mes parents parler et en écoutant des vidéos et de la musique sur Instagram et sur Youtube. 

Pour toi, qu’est-ce que ça signifie, être Rwandais? 

Ça s’exprime dans ma manière de penser, c’est-à-dire dans la résilience : être capable d’en prendre beaucoup, et avoir la volonté de comprendre les autres. Ma mère m’a appris que ce que je ressens dans mon cœur, ce que je pense, ce n’est pas nécessairement ce que les autres pensent. Je suis d’ailleurs très proche de mes parents. 

Qu’est-ce que tu aimerais que les gens sachent sur ta culture? 

On a une danse traditionnelle qui s’appelle le umudiho. Cette danse raconte une histoire, par la musique qui l’accompagne, mais aussi par les gestes, qui ont une signification particulière. J’ai moi-même appris à la danser en écoutant des vidéos, en observant les gens danser dans les mariages, etc. 

Qu’est-ce que ça représente pour toi, le Mois de l’histoire des Noir(e)s? 

Dans mon cercle social, c’est un mois où on est plus festif, où on peut aborder les sujets du passé avec plus de légèreté, avec plus d’humour. C’est un mois important où on peut réfléchir à ce qu’on peut implanter, mais aussi à la contribution des Noir(e)s dans l’histoire ou dans les inventions, que plusieurs ignorent. 

Est-ce qu’il y a des personnalités marquantes que tu aimerais nous faire connaitre, et pourquoi? 

Deux artistes connus : Corneille et Stromae (il est Belge, mais son père était Rwandais). 

Nelson Mandela est la personne à propos de qui j’ai le plus lu. Sa résilience mentale est manifeste! Après avoir passé 27 ans en prison, il a quand même décidé de consacrer sa vie aux autres au lieu de se concentrer sur lui-même. Je crois que les gens devraient lire et en apprendre à son sujet, et le prendre en exemple. Je trouve ça vraiment intéressant qu’on le connaisse sous le nom Nelson, qui lui a été donné par quelqu’un d’autre, alors que son véritable prénom est Rolihlahla.  

As-tu un film, un livre ou un documentaire à nous recommander? 

Le film 42 m’a beaucoup marqué. Il porte sur Jackie Robinson, le premier joueur de baseball afro-américain dans les Ligues majeures. Il y a aussi Hidden figures (Les figures de l’ombre), qui raconte l’histoire de femmes noires qui ont travaillé pour la NASA. 

Partage-nous tes bonnes adresses pour casser la croûte, faire les emplettes, faire la fête… 

À Montréal, la communauté rwandaise n’est pas très visible. Il y a des gens qui cuisinent des plats qu’on peut commander de chez eux, mais il faut savoir qui appeler. Ma mère le fait parfois, mais je préfère quand c’est elle qui cuisine!  

Est-ce qu’il y a autre chose que tu aimerais partager? 

J’aimerais que les gens prennent le temps de s’informer sur d’autres cultures, car on gagne toujours à en apprendre plus : que ce soit par la danse, la poésie, etc. Il faut trouver une manière d’en apprendre plus sur son voisin. Il y a tellement de belles choses à découvrir! 

Moussa Dionne, préposé à la cafétéria 

Peux-tu nous parler de tes origines?  

Je suis originaire du Sénégal, où il y a plusieurs groupes ethniques : je fais partie de l’ethnie des Serer. Je préfère qu’on me demande « de quel pays d’origine provenez-vous? », plutôt que « d’où venez-vous? ».  

Qu’est-ce que tu aimerais que les gens sachent sur ta culture? 

Je suis fier d’être Sénégalais, car les Sénégalais sont très accueillants envers les étrangers. On dit d’ailleurs du Sénégal que c’est le pays du teraanga, ce qui veut dire «pays de la paix», ou de l’hospitalité. 

Qu’est-ce que ça représente pour toi, le Mois de l’histoire des Noir(e)s? 

Ça représente beaucoup pour moi : la culture, les origines, la nation. C’est la fierté d’être Sénégalais, d’être Noir : je suis très fier de mes origines. 

As-tu un film, un livre ou un documentaire à nous recommander? 

Le film Kirikou et la sorcière, qui est très connu. C’est l’histoire d’un guerrier qui est petit, mais qui est fort! 

Les bonnes adresses de Moussa pour… 

  • Casser la croûte : Les Saveurs du Sénégal (667, rue Jean-Talon Ouest), où il nous recommande le pastel, un beignet farci de poisson et d’épices, servi avec une sauce tomate épicée. Plus près de l’ITHQ, il y a aussi Le bled resto-lounge (2112, rue Saint-Denis). 
  • Faire les emplettes : je vais un peu partout à Montréal, dans les supermarchés, le marché Jean-Talon, etc. Il y a notamment le Marché Afrique (7117, rue Saint-Denis). 
  • Faire des trouvailles mode ou déco : Seho Perles d’Afrique au 4007, boulevard Saint-Laurent. Il y a énormément de produits sénégalais. J’y achète des épices, des habits, de l’encens, du karité, du savon noir, du bissap (boisson à l’hibiscus), et même, du pain de singe (nom du fruit du baobab) frais! 

Pour en savoir plus sur le Mois de l’histoire des Noir(e)s et pour des activités : 
Table ronde du Mois de l’histoire des Noir.e.s