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Un retour en classe sous le signe de l’adaptation pour nos étudiants et nos professeurs

Un retour en classe sous le signe de l’adaptation pour nos étudiants et nos professeurs

Après 10 semaines de confinement, l’ITHQ a repris vie cette semaine. En effet, quelque 160 étudiants en cuisine, en pâtisserie et en gestion de la restauration effectuaient un retour en classe, dans la bonne humeur soit, mais aussi dans le plus strict respect des  mesures sanitaires.  

Afin de mieux comprendre comment le retour s’est organisé, nous avons interrogé ceux et celles qui en étaient aux premières lignes.

La pédagogie – Francis Archambault, coordonnateur des programmes de sommellerie et de pâtisserie professionnelle 

« Quand nous sommes partis au mois de mars pour techniquement 2 semaines, nous nous sommes tous mis en mode solution afin de terminer la session. Pour les programmes techniques et universitaires, la grande majorité des cours ont pu se poursuivre en ligne. Mais pour le professionnel, c’était une autre paire de manches.

Lorsque nous avons reçu la directive du ministère de l’Éducation de reprendre les cours pratiques si les conditions permettaient de le faire dans le respect des mesures sanitaires, nous avons évalué différents scénarios et pesé le pour et le contre pour chacun. Finalement et dans les circonstances, la meilleure solution, c’était de permettre à une partie de nos étudiants de revenir à l’école afin qu'ils puissent acquérir les compétences pratiques qui leur manquaient pour passer à la prochaine étape.

Devoir condenser 8 semaines de cours en 4 semaines, c’est loin d’être idéal : il faut faire des choix et viser le cœur de la compétence. Mais c’est beaucoup plus payant pour nos étudiants de compléter leur session maintenant que d'attendre à l'automne, si ce n’est que pour la mémoire et l’apprentissage.   

Au niveau de l’organisation scolaire, on a dû diviser les groupes en deux pour s’assurer que la distanciation physique puisse être respectée. Ce qui veut aussi dire aussi que nous avions besoin de deux fois plus de professeurs. Un protocole d’occupation des locaux a aussi été mis en place. L’ensemble de l’organisation a été mis à contribution : les achats, le petit matériel, la plonge… c'est dans des situations comme celle-là qu'on se rend compte à quel point le travail de chacun est interrelié!

Ce que je retiens de tout ça, c’est que nous avions les bonnes personnes en place. Chacun a su s’adapter dans le but d’offrir à nos étudiants des cours de qualité dans un environnement sécuritaire pour les semaines à venir. »

Les ressources humaines – Brigitte Langelier, directrice

« L'équipe des ressources humaines a joué un rôle central dans la reprise des activités. Avant tout, c’est nous qui sommes responsables de l’application de la loi sur la santé et la sécurité au travail. Nous avons donc travaillé avec les consignes de la CNESST et avec celles du ministère de l’Éducation pour que tout le monde puisse faire son travail en toute sécurité. Ce n’est pas simple, à l’ITHQ, parce qu’il y a de la formation professionnelle, technique et universitaire. Les règles étaient différentes et elles changeaient souvent!

Dès la mi-avril nous avons mis en place un comité organisationnel avec des représentants de chacun des services pour s’assurer de bien coordonner les efforts. Le comité de santé et sécurité a également été consulté et a donné son aval à l’ensemble des mesures proposées. La collaboration de tous et chacun a été exceptionnelle. Je pense notamment à l’équipe de l’immeuble, à qui ont a donné une longue liste de choses à faire. Nous avons été très exigeantes et ils ont été très collaboratifs en retour! 

En ce qui concerne les employés, plusieurs avaient des questions et c’est bien normal. Mais en général, nous avons senti qu’ils étaient rassurés par les mesures mises en place. Tout le monde était de bonne humeur et contents de se revoir lors de la rentrée. »

L’immeuble – Marie-Soleil Soupras, coordonnatrice Immeuble et sécurité

« Nous, quand on a vu la pandémie arriver, on s’est tout de suite mis sur le qui-vive, afin de voir comment la réouverture pourrait se faire. On était donc déjà pas mal prêts quand le « go » a été donné. Notre rôle était de coordonner la mise en œuvre du plan sanitaire, mais ce sont les équipes de l’entretien ménager et l’électro-mécanique qui ont été nos yeux et nos mains pour tout. Aussi, on s’est tous rapidement rendu compte que 2 m, c’était grand! (rires). Je pense qu’on a quand même bien réussi, sans trop dénaturer l’ITHQ non plus. C’est un grand défi, relevé pour le moment, mais qui devra être modifié pour la rentrée à l’automne. »

Les professeurs – Pasquale Vari, professeur de cuisine

« Honnêtement ça se passe très bien. Rendus à la deuxième journée, l’ambiance est un peu plus détendue. Tout est nouveau pour nos étudiants : on doit leur donner le temps de s’adapter. En fait, le plus difficile pour eux, c’est le fait de ne pas pouvoir travailler en équipe.

C’est sûr que notre priorité pour la rentrée, c’était la santé et le bien-être de nos étudiants. Mais demain, on va commencer à être un peu plus sévères! (rires) »

Les étudiants - Joël Bracco et Emmy Plante, étudiants en Cucina Italiana

« Personnellement, je n’étais pas stressé de revenir. Après deux mois, on avait vraiment besoin de retourner à l’école. Par contre, c’est sûr que c’est beaucoup de contraintes. Grâce à l’ITHQ, on a accès à des équipements de protection, mais le fait de travailler dans une cuisine, quand il fait chaud, avec des lunettes de protection et avec un masque, ce n’est pas évident. L’autre chose, c’est que notre programme était déjà condensé et maintenant il l’est encore plus. Je sais qu’on doit tous faire des concessions à cause du virus, mais on a quand même perdu deux mois de cours, et ça, malheureusement, on ne peut pas le remplacer. »

« En général, l’ambiance en cuisine est vraiment bonne. On s’ennuyait de se voir et de cuisiner! Mais on ressent quand même les effets de la COVID. Nous, on est comme une petite famille : on est habitués à travailler ensemble. Et maintenant, chacun a sa station et sa recette. Aujourd’hui, par exemple, je faisais des melanzane alla parmigiana et personne ne pouvait m’aider. Ce n’est pas mal en soit, mais dans une brigade ce n’est pas comme ça que ça fonctionne habituellement.

Moi, ça m’arrange d’être revenue : si je n’avais pas pu terminer mon programme, je n’aurais pas pu intégrer celui de Cuisine supérieure en septembre. Mais je peux comprendre que ça ne fasse pas nécessairement l’affaire de tout le monde : c’est vraiment propre à chacun. 

Je pense que l’école a bien vraiment bien géré la situation. Avec les mesures en place, les chances sont vraiment réduites au minimum qu’on puisse attraper le virus. On doit aussi se rappeler que le coronavirus, personne n’a jamais vécu ça! On était la première classe à revenir à l’école, donc c’est sûr qu’il va y avoir des adaptations. Mais on a confiance que nos commentaires vont être bien reçus et que les mesures vont être adaptées en fonction de notre réalité en cuisine. »

Pour terminer, nous laissons la parole à notre coordonnateur, Francis Archambault : « Cette crise, c’est l’occasion pour l’ITHQ de faire un bon de géant et de trouver des façons d’innover. On dit souvent qu’on est un leader, mais là, c’est le temps de le prouver. » Heureusement, et cela semble faire consensus, on pourra compter les uns sur les autres pour le faire... même à 2 mètres de distance. 


Vous souhaitez témoigner de votre expérience sur la reprise des activités, à l’ITHQ ou dans votre milieu de travail? Écrivez-nous, à infolettre@ithq.qc.ca

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