Le Meilleur sommelier des Amériques est québécois... et ithquois!

Le Meilleur sommelier des Amériques est québécois... et ithquois!

Le 24 mai dernier, Pier-Alexis Soulière remportait le titre prestigieux de Meilleur sommelier des Amériques lors du concours du même nom qui avait lieu ici même, à Montréal.

Afin de mieux comprendre ce qui a mené notre diplômé sur la première marche du podium, nous nous sommes entretenus avec Romain Gruson, coach de Pier-Alexis et professeur de sommellerie à l’ITHQ. 

Le professeur de sommellerie Romain Gruson. 

Comment avez-vous fait la connaissance de Pier-Alexis?

C’était en 2007. Parmi mes étudiants du programme Analyse sensorielle des vins du monde se trouvait le jeune Pier-Alexis, 20 ans, tout juste arrivé de Québec où il avait fait son Attestation de spécialisation professionnelle (ASP) en sommellerie.

J’avais beaucoup de matière et de concepts nouveaux à transmettre et Pier-Alexis assimilait tout. Il était comme une éponge!

Sous mes conseils, il est ensuite parti à l’ Université du Vin de Suze-La-Rousse, puis a enchaîné les 4 niveaux du Wine & Spirit Education Trust (WSET) à Londres. Puis, il a débuté la série de la Court of Master Sommeliers. C’est ce qui l’a mené à devenir le 2e Québécois à obtenir le titre de Master sommelier, après Élyse Lambert. 

Qu’est-ce qui distingue Pier-Alexis comme sommelier? Qu’est-ce qui le différencie des autres compétiteurs?

On entend souvent dire que les sommeliers qui font des concours ou qui poursuivent des études ont le palais formaté par les grands domaines. C’est là où Pier-Alexis se démarque : il a l’esprit ouvert, il respecte les goûts de tous, mais n’a pas peur de confronter avec intelligence ceux qui le questionnent.

En compétition, c’est un adversaire de taille en raison de sa grande expérience en service dans des restaurants triplement étoilés, et aussi grâce à sa compréhension des enjeux commerciaux qui régissent l'industrie du vin.

Il n’y a pas de sommeliers sans clients, sans amateurs avec qui partager notre passion. Pier-Alexis ne l’a jamais perdu de vue et c’est ce qui le rend si attachant. Ça a été un honneur de l’entraîner cette année avec toute une équipe de l’ITHQ. 

Quel a été votre rôle et celui de l’ITHQ dans sa préparation pour ce concours?

L’ITHQ était le centre de formation et j’étais son coach principal, mais je n'étais pas le seul : plusieurs sommeliers et experts ont contribué à son entraînement.

En plus des 2 semaines d’entraînement intensif à l’automne pour le concours du Meilleur sommelier du Canada, nous avons eu 3 mois d’entraînement cet hiver.

Comme le concours se déroule devant public et devant les caméras, le grand challenge a été de l’aider à maîtriser son stress, afin qu’il se sente presque aussi confortable sur scène que dans une salle à manger. Nous avons donc visionné tous les derniers concours et filmé tous ses entraînements. Nous avons aussi fréquemment changé d'endroits et de convives pour ses séances d'entraînement afin de le déstabiliser le plus possible. 

Pier-Alexis en entraînement à l'ITHQ. 

Quelle était l’épreuve la plus difficile du concours?

Ça dépend des candidats. Chacun a ses forces et ses faiblesses. C’est pour cela que mon collègue Hugo Duchesne et moi-même avons fait des entraînements séparés pour Carl Villeneuve Lepage (aussi diplômé de l'ITHQ, 3e sur le podium) et Pier-Alexis.   

Le podium des Amériques : Pier-Alexis en 1re place, l'Argentin Martín Bruno en 2e et Carl Villeneuve Lepage en 3e

Pour Pier-Alexis, la première épreuve de la finale a été la plus difficile. Il lui fallait canaliser son stress et performer dans un art, celui des cocktails, qui n’est pas la fonction première du sommelier. Il a d’ailleurs commis une erreur : il a secoué le cocktail au lieu de le remuer. Or, ce qui a impressionné le jury, c’est qu’il a recommencé à zéro une fois qu'il s'est rendu compte de son erreur. C’est ça l’approche 3 étoiles : on ne se satisfait pas de quelque chose qui n’est pas parfait!

Comment décririez-vous la relation entre Pier-Alexis et Carl, Meilleur sommelier du Canada?

Au Québec, le monde du vin à un haut niveau, c’est une petite famille dont les membres se comptent sur les doigts des deux mains. Carl et Pier-Alexis se connaissent depuis des années. Ce sont deux grands professionnels qui peuvent, plus que n’importe qui, apprécier à leur juste valeur les qualités de l’autre.

Pier-Alexis est le 4e Québécois à être nommé Meilleur sommelier des Amériques. Comment expliquez-vous que le Québec, qui n’est pas une région vinicole comme l’Argentine ou le Chili, produise autant de sommeliers de talent?

Grâce à la SAQ et aux agences d’importation privée, nous avons au Québec plus de choix que nulle part ailleurs au monde. Nous avons aussi des consommateurs ouverts d’esprit, justement parce que le Québec produit peu de vin (comparé à la France ou l’Italie). Finalement, nos écoles de sommellerie, avec l’ITHQ en chef de file, et l'Association canadienne des sommeliers professionnels (ACSP) font des sommeliers du Québec des personnalités incontournables dans le monde entier.

L'ITHQ a eu l'honneur d'accueillir les 20 meilleurs sommeliers des Amériques lors du jour 1 de la compétition. 

Quelles sont les prochaines étapes pour Pier-Alexis et l’équipe Canada?

La prochaine étape est le Concours du Meilleur sommelier du monde qui aura lieu à Anvers, en Belgique, en mars 2019. Ce qui est certain, c’est que l’ITHQ sera présent pour l’équipe canadienne, et que nous soutiendrons nos candidats à la hauteur de leurs demandes et de leurs attentes.

> Voir les meilleurs moments de la compétition
> Revoir la finale en direct

Crédit photos : Association canadienne des sommeliers professionnels

 

 

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