Acheter un (premier) motel à 20 ans 

Publié le 19 janvier 2024

Diplômés

En mai 2023, alors qu’elle finissait ses études en hôtellerie à l’ITHQ, Audrey Nadeau Fréchette achetait un motel à Drummondville. Son premier. Car cette diplômée n’a pas l’intention de s’arrêter là!  

Lorsqu’elle était enfant, Audrey a eu la chance de faire quelques voyages dans les Caraïbes avec ses parents. À 13 ans, alors qu’elle regardait les hôtels en bordure de plage, une idée lui est venue : « ça serait cool d’avoir un hôtel dans le Sud ». Ses parents, qui aimaient l’idée, l’ont prévenue qu’il faudrait qu’elle travaille fort pour y arriver. Ce qu’elle a fait. 

À 16 ans, Audrey commence à travailler dans un hôtel de Sherbrooke afin de valider son désir d’aller étudier en hôtellerie à l’ITHQ. Cet emploi étudiant lui confirme qu’elle est à la bonne place et son acceptation dans le réputé programme de l’institution montréalaise lui permet d’alimenter son rêve d’avoir un jour son hôtel.  

D’étudiante à propriétaire 

Pendant ses trois années d’études en hôtellerie, Audrey partage son temps entre Montréal et Sherbrooke, où elle continue à gravir les échelons à l’hôtel où elle travaille. Sa dernière session d’études est particulièrement intense, car en plus des cours condensés, de son stage final et de son emploi à temps partiel, Audrey est en processus d’achat du motel Alouette, à Drummondville.

« Il n’y a peut-être pas de plage ici, mais je me suis dit qu’il fallait que je commence quelque part. Depuis que j’ai 13 ans que j’ai ce rêve-là, d’avoir mon hôtel. Un jour, ça sera dans un pays au chaud, mais en ce moment c’est un motel au Québec… dans le frette! (Rires) »

Tout s’est passé très vite pour la jeune femme de 20 ans. C’est même son père qui l’a encouragée à aller sur le terrain pour apprendre les rudiments de l’entreprenariat. « Ce n’était pas dans mes plans d’acheter un motel. Honnêtement, je ne pensais pas devenir propriétaire si tôt », raconte-t-elle.  

Audrey n’aurait pas pu faire l’achat du motel de 22 chambres sans le soutien de ses parents, autant financier que moral. « Je suis vraiment chanceuse et très reconnaissante pour toute l’aide qu’ils m’offrent, parce qu’ils croient en moi », souligne-t-elle. 

Du motel Alouette au motel ANF 

Les achats d’entreprise sont souvent source de surprise. Il y en avait d’ailleurs une qui attendait la jeune entrepreneure : la mauvaise réputation du motel. « Avant de l’acheter, je ne réalisais pas à quel point il avait une mauvaise réputation. C’est une fois que j’en ai pris possession que j’ai fait “Oh boy! Ok!” » Visites de la police, paiements en argent comptant, plaintes du voisinage… « Ce n’est pas que les clients faisaient des dommages aux chambres, mais plusieurs étaient, disons… louches! » 

Audrey a fait du ménage et affirme être très sévère sur le choix de sa clientèle. « J’aime mieux perdre 100 $ que de perdre des clients », dit-elle. La nouvelle propriétaire des lieux a profité de ce grand ménage pour changer le nom du motel, qui porte désormais ses initiales. « Le motel porte mon nom, alors c’est important qu’il soit à mon image. » 

Élever les standards 

Pour que le motel ANF soit à son goût, Audrey a déjà entamé de nombreuses améliorations : changer tous les matelas et tous les téléviseurs, remplacer les stores par des rideaux, acheter de la nouvelle literie, installer des serrures intelligentes et des pompes à savon.

Le plus gros reste à faire : enlever les tapis, refaire les planchers, repeindre les murs et changer le mobilier. La nouvelle propriétaire aimerait aussi ajouter une vingt-troisième chambre… et voudrait que tous ces travaux soient faits d’ici un an. Avec son dynamisme et l’énergie de ses 20 ans, aucune crainte qu’elle y arrivera! 

Audrey peut aussi compter sur deux employés : une jeune de 16 ans et une quinquagénaire. « Elles s’entendent super bien malgré la différence d’âge », souligne-t-elle. La propriétaire aimerait prochainement embaucher une troisième personne pour agrandir son équipe.  

Vivre sa passion

Audrey ne manque pas de défis avec le motel ANF.

« Ce que j’aime de l’hôtellerie c’est que c’est beaucoup de départements. Et plus c’est gros, plus il y a de branches et plus tu as de personnel à gérer et je trouve ça vraiment stimulant. Avec mon motel, c’est moi qui s’occupe de pas mal tout : marketing, finances, comptabilité, satisfaction des clients… Un hôtel ça serait encore plus de défis. Pour le moment, un motel c’est parfait et j’apprends énormément, finit-elle par dire.   »

La jeune propriétaire du motel ANF a deux scénarios pour la suite des choses. Le premier : acheter un deuxième motel et créer une chaîne. Le deuxième : vendre ce motel pour acheter quelque chose de plus gros… comme un hôtel sur le bord de la mer. Une diplômée qui n’a pas fini de nous épater!