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Steve Beauséjour, un marchand de vin humain et engagé

Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec.

Steve Beauséjour, un marchand de vin humain et engagé

Depuis toujours, Steve Beauséjour est fasciné par le vin. Avant même d’étudier en sommellerie, il cherchait déjà à savoir pourquoi et comment les éléments de la nature et les humains derrière le vin influencent ce nectar exquis. Portrait d’un gentilhomme destiné à l’hospitalité.

À la base, j’ai étudié en hôtellerie parce que mon nom de famille c’est Beauséjour et je trouvais que ça « fittait »!

J’ai toujours aimé le domaine de l’accueil. Je me suis d’abord inscrit en gestion hôtelière en 1998 et j’ai vraiment capoté sur tous mes cours pratiques. Je suis par après allé acquérir de l’expérience sur le marché du travail, pour ensuite revenir à l’ITHQ. C’est là que j’ai choisi la sommellerie, ma réelle passion.

Je voulais être capable de mettre des mots sur ce que je goûtais et comprendre comment le vin est fait. Pendant mes études, j’étais souvent au Pullman bar à vin. Je m’installais au bar et j’essayais de comprendre les liens de cause à effet entre les sols, l’agriculture, le soleil, l’influence que tout ça a sur le goût des vins.

Pendant ma formation en sommellerie, j’ai tenté ma chance comme aide-sommelier au restaurant Cube (aujourd’hui fermé) de l’hôtel Saint-Paul… et je suis tombé complètement amoureux du métier. À l’époque, vers 2006, c’était assez nouveau de proposer des appellations et des cépages moins connus. Mais les gens sont curieux et il y avait une petite scène de vins naturels depuis déjà quelques années.

Ce qui rend ce métier magique, c’est qu’on ne peut jamais aller au bout de nos connaissances! On fait toujours des découvertes.

J’ai ensuite eu la chance de travailler au Vallier, au Laloux, puis aux Trois Petits Bouchons. C’est là que Jean-Philippe Lefebvre, de l’agence d’importation de vins RéZin, m’a repéré. Il venait tout le temps manger au resto et il trippait sur ma façon de parler du vin. J’ai fini par passer un peu plus de 10 ans dans son équipe!

Mon titre exact était représentant commercial, mais je disais plutôt que je représentais des humains qui fermentent du jus de raisin.

On ne représente pas du vin, on représente la personne qui le fait, qui fait pousser les vignes, qui fermente le jus de raisin. Et le vin est destiné à l’humain qui va le boire. Sans ce partage, le vin n’est pas grand-chose finalement.

En ce moment, le marché du vin est en effervescence. Le Québec devient une plaque tournante du vin vivant, même mondialement. Avec le réchauffement climatique à l’échelle de la planète, ce qu’on connaît des vins évolue. On arrive chez nous à bien faire mûrir les fruits, avec un bon degré d’alcool et une belle acidité naturelle. On cultive de la rhubarbe, des fruits acides… On comprend bien les nuances de l’acidité. C’est entre autres pourquoi l’avenir du vin est extrêmement prometteur au Québec.

Il y a environ trois ans, avec mon ami Simon Naud du Vignoble La Bauge, à Brigham, on a d’ailleurs commencé à embouteiller quelques cuvées sans filtration ni sulfites ajoutés. Après avoir perdu mon emploi à RéZin en raison de la pandémie, j’ai suggéré à Simon de m’impliquer davantage dans son entreprise et de représenter son domaine.

On a un objectif commun : faire rayonner les vins issus de vignes hybrides, qui reflètent bien le Québec. Ce qu’on fait chez nous, donc.

Notre manière de travailler est écologique. On n’a pas besoin de mettre de toiles au pied des vignes. Elles résistent à des températures entre - 32 °C et - 36°C ainsi qu’aux maladies comme le mildiou. Et comme les vignes sont hautes, on peut laisser les animaux manger l’herbe qui les entoure.

On était en Floride en décembre dernier, car un importateur américain veut faire entrer nos vins aux États-Unis. On faisait goûter des vins nordiques dans un coin chaud, c’est assez particulier, mais la réponse était là. On les exportera sous peu et on est bien excités de ça!

Ici comme ailleurs, on se greffe à d’autres humains qui nous accompagnent et nous permettent de valider et d’améliorer ce qu’on fait. On se rend compte à quel point l’apport et le soutien des autres sont importants, plus que jamais.

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